Le yoga contre l’anxiété

 

Dans cette interview, Robert KD, professeur de yoga, nous dit comment il est passé d’une vie tournée vers des objectifs, et une recherche de bonheur à l’extérieur, à la réalisation que le bonheur se trouvait à l’intérieur grâce au yoga.

Il nous livre des précieuses clés pour accueillir nos émotions, apprendre à y répondre, prendre de la distance avec ses angoisses… et aussi ne plus noyer son stress dans l’alimentation !

 

Bibliographie conseillée par Robert:

Quand la conscience s’éveille

Le pouvoir du moment présent

Les quatre accords toltèques

Yoga et ayurveda

Ayurvéda pratique

Maigrir sans régime

Retrouve la transcription de l’interview format article :

1. La quête du bonheur à l’extérieur

 

Salut les battants ! Est-ce que vous souhaitez savoir comment soulager rapidement et efficacement votre anxiété ? Et arrêter de compenser avec l’alimentation ?

Si oui, je suis sûre que cette interview de Robert, prof de yoga, va t’intéresser.

Je suis Claire Castagne, coach bien-être et professeur de yoga. J’aide les femmes à se réconcilier avec leur corps et leur rapport à l’alimentation.

Bonjour Robert ! Je suis ravie de t’interviewer aujourd’hui en tant que enseignant et pratiquant de yoga, pour parler ensemble de ton parcours. Et échanger plus précisément sur le thème « comment le yoga peut nous aider à soulager l’anxiété« .

Pour commencer, qu’est-ce qui t’a mené au yoga ?

 

RKD : J' »avais un parcours traditionnel comme la plupart des gens. Je recherchais la satisfaction, la reconnaissance, le bonheur par des choses extérieures.

Moi c’était beaucoup dans la performance, dans le sport.

Et puis il s’est passé un moment dans ma vie où j’ai réalisé que ça ne m’amenait pas vers le bonheur. J’ai commencé à me poser des questions et il y a eu une ouverture, une fenêtre vers autre chose. Et puis le yoga, la spiritualité, la méditation sont rentrés dans ma vie par ce biais-là.

Leur message c’est plutôt : le bonheur existe, oui, et il est plutôt à l’intérieur. Le bonheur se manifeste quand le mental devient très calme. J’ai trouvé ça très intéressant.

Comment on va calmer le mental, pour trouver ce bonheur qui n’est pas conditionné par un évènement, une personne ou autre chose à l’extérieur ?

 

Est-ce que tu as trouvé ce que tu cherchais dans le yoga ?

 

RKD : C’est une excellente question.

Au fil des années pour la plupart d’entre nous, on se rend compte que ce n’est pas si simple de trouver ce bonheur spontané. On y va par étapes, on s’occupe du corps, on essaye d’améliorer son équilibre, la santé. On se sent mieux dans son corps.

Après on travaille sur l’énergie, c’est déjà plus subtil. On va harmoniser, on se sent mieux. Puis on transforme son mental, ses émotions. Donc il faut accepter que c’est un processus progressif. Il faut avoir la foi, l’espoir, la certitude que ce vrai bonheur existe quelque part.

C’est une très bonne question car peut-être que ce n’est pas si facile.

Et puis après, c’est composer. Une certaine forme de bonheur se trouve aussi à l’extérieur : il faut cultiver ses relations, ses activités professionnelles... Ce n’est pas tout noir ou tout blanc. Il faut composer : comment je peux améliorer ma vie dans ma relation à l’extérieur, pour trouver la satisfaction ? Et en même temps travailler sur cette quête de trouver le bonheur à l’intérieur.

 

D’accord ! Donc c’est plus un processus et un chemin que une solution toute faite !

 

RKD : Pour la plupart d’entre nous, oui. Certaines personnes ont des réalisations, mais pour la plupart c’est un chemin progressif. Et puis dans lequel il faut prendre goût au chemin. Pas trop se préoccuper des résultats, de l’objectif… Cela va venir. Le chemin est quelque part la chose la plus importante, les résultats viendront d’eux-mêmes.

D’ailleurs, on parle de yoga. Mais comment définis-tu le yoga ?

 

RKD : Étymologiquement, Yoga veut dire « s’unir avec ». S’unir avec quoi ? Avec notre essence profonde. Les yogis disent : « le bonheur, c’est votre véritable nature. C’est qui vous êtes. Vous n’êtes pas le corps, l’énergie, le mental. Vous êtes autre chose que tout cela ».

« Le bonheur, c’est votre véritable nature. »

Le yoga, on essaye d’aller trouver cela au fond de nous, cette pure conscience. Une fois qu’on arrive à la toucher, le bonheur spontané arrive.

yoga

Pour moi le yoga, c’est ce processus.

C’est plein de techniques, de pratiques. Il y a aussi toute la philosophie pour essayer de nous amener vers la réalisation que nous sommes cette conscience. Nous ne sommes ni le corps, ni le mental, ni l’énergie.

Parce que ce sont des choses en constant changement. Dans la philosophie du yoga, on dit que ces choses ne sont pas réelles car leur état change continuellement.

Si on veut trouver un vrai bonheur, il faut qu’on trouve quelque chose qui ne change pas. Quelque chose toujours pareil dans le passé, présent, futur et même au-delà du temps.

Dans la philosophie du yoga, cette réalité existe, c’est ce qu’on appelle la pure conscience. Et le yoga c’est le fait de trouver cet état, mais aussi toutes les techniques et le chemin qui nous permet d’aller vers cet état.

 

Il y a beaucoup de choses dans ce que tu dis. Déjà, il y a le mot bonheur qui revient ! C’est aussi mon expérience : je trouve que le yoga est un excellent moyen de se sentir heureux, parce qu’on est dans l’instant.

Si on peut revenir sur ton parcours précédent, tu faisais beaucoup de triathlon c’est ça ?

 

RKD : Oui, c’est ça.

 

Alors, j’imagine que dans cette discipline on cherche à atteindre une performance. Peut-être des compétitions, se mesurer à soi-même ou aux autres… Comme tu disais tout-à-l’heure, il y a une certaine course aux résultats ou au bonheur dans quelque chose qu’on ne maîtrise pas complètement.

Comment ce basculement s’est fait dans ta vie ? Comment as-tu découvert le yoga ?

 

RKD : Oui, c’est vrai que dans notre société actuelle on a ce souci de courir vers quelque chose, et que le bonheur se trouve juste à la prochaine réalisation. Dès que j’aurais fini mes études, trouvé le job ou le partenaire de mes rêves… dès que j’aurais des enfants, ou tant d’argent, enfin je serais heureux.

Et puis soit on n’atteint pas ses objectifs, soit on les atteint et on se rend compte qu’on est toujours angoissé, pas bien, qu’on doute… Donc quelque part la solution n’est pas là.

Moi je courais, je n’étais pas dans le moment présent. Je repoussais toutes mes émotions enfouies, comme de la poussière sous le tapis. Il y avait beaucoup de choses non résolues, que je ne voulais pas voir.

Je pensais qu’une fois que j’aurais réussi dans le sport, ces choses allaient miraculeusement disparaître et que j’allais trouver ce bonheur permanent. Non seulement je n’ai pas atteint ces objectifs, mais j’ai réalisé qu’autour de moi, ceux qui avaient atteint ces objectifs, n’avaient pas résolu leurs problèmes.

« Je pensais qu’une fois que j’aurais réussi dans le sport,  j’allais trouver ce bonheur permanent. »

C’est une bonne question : pourquoi à l’intérieur de soi, il y a une prise de conscience ? Il y a un moment où j’ai vécu certaines choses dans ma vie, et ça crée des ouvertures. J’ai commencé à lire, par exemple Quand la conscience s’éveille d’ Anthony de Mello, ou Le pouvoir du moment présent, de Eckhart Tollé, ou encore Les quatre accords toltèques de Don Miguel Ruiz.

Ca m’a amené vers la méditation, puis au yoga.

Ce qui m’a frappé c’est dans tous ces écrits, vous êtes en train de courir derrière un bonheur qui n’existe pas. Le bonheur est seulement dans le moment présent, à l’intérieur de vous. Plus vous courez vers des objectifs, plus vous vous éloignez du bonheur.

Ça m’a fait vibrer à l’intérieur. J’ai eu cette prise de conscience : quelque part, il y a du vrai. J’ai voulu poursuivre et c’est comme ça que j’ai approfondi cette philosophie de vie.

 

2. L’anxiété

D’accord ! C’est très intéressant et je pense que beaucoup de personnes pourront se reconnaître dans ce que tu décrivais au début. On est beaucoup poussé par la société de consommation à acheter plus, faire plus, attendre quelque chose pour être heureux. Et ça peut aussi accentuer un sentiment d’anxiété.

L’anxiété, une définition : « émotion souvent ressentie comme désagréable, qui correspond à l’attente plus ou moins consciente d’un danger ou d’un problème à venir« .

L’anxiété est un phénomène totalement normal, ressenti par tous. Mais comme on l’a dit, c’est souvent désagréable, et il y a ce terme d’attente. Il y a de la peur, de la nervosité, du stress. Si on observe ses pensées, on voit que souvent on va être anxieux pour quelque chose qui n’est même pas encore là, pour quoi on n’a pas encore d’actions.

Je ne sais pas ce que tu penses de cette définition, si tu vois un lien à faire avec le yoga ?

 

RKD : La première question intéressante à se poser, que ce soit l’anxiété ou d’autres émotions négatives ou même positives :

« est-ce que cette anxiété vient de l’extérieur, ou est-ce qu’elle émane de moi ? ».

Dans la philosophie du yoga, ils disent que ça vient plutôt de l’intérieur, projeté vers l’extérieur.

Notre monde intérieur est dans monde extérieur, comme un miroir. C’est une et même chose. Si j’ai une personne ou un évènement, ou quelque chose dans ma vie qui me rend anxieux, on ne peut pas juste dire c’est la faute de ce qui se passe à l’extérieur. Il y a des graines à l’intérieur. Quand cette chose apparaît dans ma vie, soudainement la réaction c’est l’anxiété.

Déjà, première chose qu’on veut faire dans toutes ces émotions : on veut pouvoir les diminuer, plus en prendre conscience et les embrasser, les envelopper. Pas les rejeter, ni les refouler.

« Embrasser ses émotions »

Une des choses clés avec le yoga, c’est « j’aimerais pouvoir observer, à l’intérieur de moi, ce qu’il se passe ».

Par exemple je suis dans un état d’anxiété. Au lieu d’être pris dedans, de m’identifier avec l’objet qui crée cette anxiété, on va essayer de l’observer.

J’aime bien cette image du ciel bleu : il y a un ciel bleu, les nuages qui passent sur le ciel bleu.

ciel lac

Parfois le ciel est complètement couvert, parfois des nuages créent des formes. Mais le ciel lui-même, la qualité n’est jamais affectée. Cette image pour nous donner un parallèle entre la conscience de qui nous sommes vraiment, et ce qui se passe à l’intérieur. Les pensées, les émotions sont comme des nuages qui passent sans affecter le ciel.

C’est facile à dire, mais comment est-ce qu’on va faire ? Souvent, l’anxiété ou d’autres émotions sont enracinées profondément dans notre mental. On peut les déraciner petit à petit.

Une des choses où le yoga aide énormément, c’est la conscience du souffle. On le retrouve dans la méditation.

La conscience du souffle nous permet de nous ramener à l’intérieur de nous, de sortir du mental et puis de revenir dans le moment présent. Le fait de revenir dans le moment présent accentue, augmente ma capacité d’observer ce qui se passe à l’intérieur.

Je vais chercher à augmenter ma capacité d’observer ce qui se passe pour ressentir :

  • c’est quoi cette anxiété ?
  • D’où est-ce qu’elle vient ?
  • Où elle se manifeste dans le corps ?

Eckhart Tollé parle de ça dans « Le pouvoir du moment présent » : il y a comme des entités qui se sont dissocié de nous-mêmes. Elles vivent leur propre vie. L’idée c’est de les ramener, les fusionner de nouveau en nous.

Non seulement on aimerait observer, utiliser notre pouvoir de conscience bienveillant pour les observer – car plus on met de lumière sur cette anxiété, plus elle se dissout- mais on ne veut pas la juger. Il faut qu’il y ait de l’amour, on aimerait l’envelopper et la dissoudre en nous-même.

« Plus on met de lumière sur cette anxiété, plus elle se dissout. »

Evidemment, cela peut prendre des années selon les angoisses qu’on a. Déjà, avoir conscience du souffle, pouvoir observer à l’intérieur, dissocier l’anxiété à l’intérieur de l’objet à l’extérieur, et aussi dissocier l’anxiété de la famille de pensées que cette émotion génère.

On ressent l’émotion dans le corps, je projette de la conscience bienveillante dans cette émotion et la dissoudre. C’est ce qu’on fait dans le yoga. Les postures ça aide aussi, mais je pense que la respiration est une clé.

Ce qui est bien avec la respiration, c’est que je peux faire ça à n’importe quel moment. Peut-être que je n’ai pas le temps, j’ai des enfants… Oui mais la conscience de la respiration, vous pouvez le faire à n’importe quel moment de stress.

En cas d’anxiété, je suis au bureau : vous pouvez juste devenir de plus en plus conscient de la respiration. Cela va nous aider dans la régulation des émotions, pour se sentir mieux dans notre corps et notre mental.

Respire

 

C’est très juste. Le problème souvent, si on est pris de panique, on peut ressentir des sueurs, le coeur qui palpite, le ventre qui se noue… selon les personnes. Mais au moment où on le vit, on n’a justement pas cette distance pour se rendre compte. Et parfois, on ne sait même pas pourquoi on est stressé. Ou alors, c’est une réaction disproportionnée !

Dans ce que tu proposes, c’est d’abord revenir au souffle, pour prendre conscience de ce qui se passe dans notre corps.

Et tu parlais de ne pas mettre les émotions sous le tapis mais de les accueillir. Et ce premier mouvement d’accueil permet ensuite de s’en libérer finalement ! Parce que on verra les choses telles qu’elles sont !

 

RKD : Effectivement. Ce qu’on veut éviter c’est de refouler. En ayant plus de conscience bienveillante, on veut faire remonter à la surface ces expériences ou émotions douloureuses. Elles ne vont pas se découvrir si facilement.

C’est pour ça que peu à peu, on va avoir plus de conscience à l’intérieur et laisser ces choses remonter en leur propre temps, quand elles sont prêtes. On ne devrait pas avoir soudainement une émotion qui remonte quand on n’est pas prêt à la gérer.

Si vous ne faites pas des pratiques trop extrêmes, avec une bonne préparation les choses remontent à leur rythme, quand vous êtes prêts à les accueillir et à travailler avec. On ne veut pas refouler.

Et ensuite on va pouvoir les transformer.

 

3. La transformation du yoga

Est-ce que l’aspect physique, les asanas (postures) n’a pas un rôle à jouer dans un soulagement de l’anxiété, ou dans un mieux-être ?

 

RKD : Dans le yoga, on part du principe que l’être humain a différentes dimensions.

Quand je suis dans le sommeil, je suis en train de rêver : est-ce que j’existe ou pas ? Certains disent oui oui, mais je suis complètement déconnecté du corps. Mon corps est couché sur le lit, je n’en ai aucune conscience. Les yogis disent que c’est une dimension différente, de quand ma conscience est activée dans le corps.

Ensuite, quand je suis dans le sommeil profond, c’est encore un autre état. Je ne suis plus dans le mental des rêves.

On a le corps physique, ensuite cette dimension qui vient d’une philosophie orientale, la dimension énergétique, et ensuite on a la dimension mentale qui, elle-même, a plusieurs qualités.

Ensuite, qui nous sommes en réalité ? C’est encore derrière tout ça.

Un peu comme une ampoule, autour il y a plusieurs abats-jour. On voit la lumière de qui nous sommes vraiment, mais à travers pas mal d’abats-jour. L’idée, dans le yoga, est de retrouver l’ampoule en tant que source pure.

Pour répondre à la question, l’énergie, le mental et le corps sont tous reliés. C’est des dimensions séparées, mais toutes reliées. C’est comme les couleurs d’un arc-en-ciel : on passe progressivement d’une dimension à une autre. Le corps, c’est aussi de l’énergie. C’est une certaine densité.

Quand on parle d’énergie dans le yoga, c’est une autre densité, plus fine. Le mental c’est une autre énergie beaucoup plus subtile. Ces parties de nous-mêmes s’influencent.

Quand on fait une posture, je vais influencer le corps physique. Par exemple, je vais beaucoup travailler avec le système neveux sympathique, la partie qui permet de nous préparer à agir. Dans nos sociétés on a tendance à beaucoup stimuler le sympathique, car on fait beaucoup de choses. Et on a un déséquilibre avec le parasympathique, qui permet de nous détendre.

Ca ralentit la respiration, le battement du coeur, ça permet la digestion. Dans une posture, on va stimuler le parasympathique, et équilibrer les deux.

Déjà ça, ça a un grand effet sur l’énergie et sur le mental.

Ensuite après, une posture de yoga va activer une certaine partie du corps. Par exemple, la posture sur les épaules va activer cette partie dans la gorge. C’est comme faire de l’acupression. On connaît l’acuponcture, avec des aiguilles. C’est la même idée, on va affecter la trajectoire ou le courant énergétique dans le corps.

Comme le mental et l’énergie bougent ensemble. Les yogis disent que l’énergie est le contenant, et le mental le contenu. Donc dès que j’affecte l’énergie, ça affecte aussi le mental. Le fait de faire une posture, on est plutôt en train de travailler du physique vers le mental.

On crée une perturbation positive dans mon corps et mon énergie va obliger le mental à changer ses habitudes.

Soudainement, après un cours de yoga, je me sens beaucoup mieux ! Peut-être quand arrivant je ne me sentais pas très bien et là, j’ai l’impression d’être une toute autre personne. C’est extrêment intéressant car travailler directement avec le mental, il faut le faire aussi mais ce n’est pas si facile.

Donc passer par le corps, par la respiration permet de faire une grande transformation à l’intérieur de nous, avant de travailler spécifiquement sur le mental. Car c’est plus difficile.

 

C’est très juste ! C’est pour ça que quelqu’un qui ne connaît pas le yoga va tout de suite penser à la dimension physique, mais que c’est aussi une bonne façon de débuter. Plutôt que d’attaquer tout de suite la méditation !

Robert, que peux-tu donner comme conseils pour débuter le yoga ?

 

RKD : Oui c’est vrai, après c’est à chacun de savoir quelle est la voie qui lui correspond.

Ce dont cette personne a besoin dans un instant T de sa vie. Quelqu’un qui s’intéresse au yoga, je pense que c’est bien d’essayer quelques cours, des styles différents. On va tout de suite sentir si on est connecté au prof ? Est-ce que je me sens connecté à l’énergie, l’atmosphère du lieu ? Est-ce que ça me parle ou pas ?

Le yoga, c’est une expérimentation avec soi-même. Découvrir les réponses.

Allez essayer quelques cours !

Si ça vous intéresse, allez prendre un cours de méditation, essayez des massages énergétiques… explorez différentes pratiques dans le domaine.

Et puis après, vous allez être attiré par quelque chose en particulier. C’est cette chose qui va vous motiver pour pratiquer, découvrir…

massage

 

D’accord ! Y a-t-il une durée ou un bon dosage pour pratiquer le yoga ? Comment tu vois les choses, comment tu pratiques à titre personnel si tu veux bien nous dire ?

 

RKD : Il faut faire un peu attention, car la pratique c’est quelque chose de personnel. Il ne faut pas trop faire de pub, on peut tomber dans l’ego.

C’est à chacun de sentir. En fait, il y a l’image de la rivière. Le yoga ou la méditation va nous amener beaucoup de bénéfices. Mais à une condition : il faut pratiquer.

« Le yoga et la méditation apportent beaucoup de bénéfices, à une condition : pratiquer. »

L’image de la rivière, c’est si je ne pratique pas assez : il n’y aura plus d’eau qui va couler dans la rivière et le lit va s’assécher. On va arrêter parce qu’on ne voit pas les fruits.

L’autre tendance, c’est de trop faire. Là, l’eau déborde partout et ça crée une catastrophe. C’est trop pour le mental, on se dégoute.

C’est à chacun de sentir qu’est-ce qui est bon pour soi.

Et puis après, pourquoi je fais le yoga ?

Est-ce que c’est pour me sentir bien dans mon corps ? Pour retrouver cette connexion ? Si je recherche ça, je vais peut-être devoir pratiquer plus. Mais peut-être déjà, pour débuter, deux ou trois fois par semaine c’est très bien. Il y a suffisamment de pratique et de continuité pour commencer à sentir un bienfait.

Ensuite, effectivement, l’idéal c’est tous les jours. Mais de nouveau, il faut adapter à notre style de vie, aux autres responsabilités, contraintes dans nos vies : les enfants, le travail… Et puis, c’est beaucoup plus difficile mais c’est beaucoup plus efficace de faire un petit peu, mais avec beaucoup de continuité, sur le long terme.

On a une tendance, dans notre société, à favoriser l’exploit. On est fascinés par la performance. Donc si je fais deux heures de yoga, puis plus rien pendant deux semaines… C’est beaucoup plus difficile de pratiquer vingt minutes par jour… tous les jours !

Essayez d’établir une routine.

Généralement, c’est moins extraordinaire pour le mental. Ca demande de la discipline, de la régularité. Mais à terme, c’est ça qui va créer les résultats.

Idéalement, faire un petit peu. Commencer petit, et augmenter progressivement.

C’est comme si je fais des changements alimentaires ! Si je jeûne… peut-être que c’est impressionnant de faire un jeûne d’une ou deux semaines, on peut le raconter à tous ses amis. Mais peut-être que c’est plus difficile de jeûner un jour toutes les deux semaines, sur plusieurs années.

De nouveau, c’est à vous de ressentir. A vous aussi de créer le cadre. Peut-être que tout seul c’est difficile, mais que vous avez besoin de prendre un cours.

Maintenant, il y a de plus en plus de cours en ligne. C’est la conséquence de la situation actuelle. Suivre un cours en ligne, ça nous donne le cadre dont on a besoin pour pouvoir continuer notre pratique sur la durée. C’est le plus important !

Ca amène un certain confort, une flexibilité !

 

Pas de temps de trajet, l’avantage d’avoir un professeur en face, même si on est confinés…. Ce que tu dis rejoint l’effet cumulé : le fait de faire régulièrement quelque chose, vaut mieux que beaucoup mais une fois de temps en temps. Parce que ça va s’additionner !

Je ne sais pas si tu le ressens, mais moi depuis que je pratique plus régulièrement et enseigne le yoga, je ressens une transformation sur mon état d’esprit au quotidien. Une prise de recul sur les problèmes. Plus de patience… As-tu pu observer des changements sur toi ou même sur tes élèves ?

 

RKD : Oui, tout à fait ! Au début de notre discussion on parlait de trouver ce bonheur inconditionnel à l’intérieur, c’est un peu l’idéal.

Même si on n’est pas encore tout à fait là, pour la plupart d’entre nous, le fait de créer une transformation dans le corps, dans l’énergie et le mental crée de plus en plus d’harmonie. On se sent de mieux en mieux.

Dans le yoga, peut-être au début que je vais sentir que les postures me font beaucoup de bien. Je vais sentir la détente. Je vais commencer à m’alimenter de manière différente, me sentir beaucoup mieux. Peut-être diminuer certaines habitudes qui ne font pas de bien au corps….

Déjà, je vais sentir beaucoup plus de sérénité, d’équilibre, de bien-être.

C’est déjà ça ; viser d’améliorer son bien-être ! Je travaille sur le corps, je me sens mieux après. Au bout d’un temps, l’effet sur l’énergie sera plus ressenti. Le bien-être sera plus profond, différent. Et puis quand je suis prêt, le mental commence à s’apaiser. C’est encore un bien-être.

On voit la transformation des élèves qui viennent prendre des cours de yoga. Des fois c’est étonnant !

Au début – j’étais aussi comme ça – comme si on était en glace. Tout est un peu figé. Au fil des semaines, on voit, subtilement, quelque chose qui se fluidifie.

Qu’est-ce que c’est ?

Est-ce que c’est le mental, l’énergie, le corps ?

Bonne question, mais on voit une détente, quelque chose qui commence à circuler. Comme si on était un bloc de glace à côté d’un feu. Il y a plus de souplesse. Je ne parle pas de souplesse du corps, mais dans la manière d’être. Dans ce que la personne rayonne.

C’est aussi intéressant et important. Beaucoup de personnes maintenant font des formations de professeur, car c’est très inspirant pour le prof de voir cette transformation dans l’élève !

Waouh, je vois vraiment la transformation de cette pratique pour cette personne !

Si ça fait longtemps qu’on pratique pour soi-même, on a un peu perdu ça, car on a déjà harmonisé le corps, on s’est habitué. Le voir dans les élèves, c’est très inspirant pour nous aussi !

Donc oui, il y a une réelle transformation . Et puis c’est impressionnant, la transformation que ça crée !

 

C’est un beau message, et je suis sûre que ça va donner envie à plein de monde. Ce qui est chouette c’est qu’on ressent les effets dès les premières séances. Une énergie, un bien-être… en une seule séance ! Et si on continue dans le temps, c’est une vraie transformation qui s’opère au service d’un mieux-être. Après on peut avoir un but plus spirituel, mais c’est déjà pas mal si on arrive à être bien au quotidien !

 

RKD : C’est déjà un gros challenge, effectivement !

Dans un premier temps, trouver l’équilibre, le bien-être dans son quotidien.

Et puis la philosophie du yoga dit que plus on va s’harmoniser, plus la vie commence à nous challenger. Je ne sais pas si c’est des obstacles… plutôt des défis !

On a trouvé son petit équilibre : cela fait quelques mois que je fais du yoga, c’est génial et soudainement, des défis arrivent dans notre vie. Et puis oup’s ! Le bel équilibre construit ces derniers mois vacille.

En fait, on travaille sur une autre couche de nous-même. On est prêt, et quand on aura réussi on aura un nouvel état de bien-être, puis un défi…

Cela fait partie du processus de transformation de soi.

 

Plus on grandit, on mûrit et plus on est confronté à des nouveaux défis. Mais on aura de nouvelles armes pour y faire face en fait !

 

RKD : Exactement. Plus on grandit, plus on a la capacité à faire face à ce qui remonte, ce qui se passe dans notre vie.

La vie extérieure est un miroir de ce qui se passe à l’intérieur. Certains évènements font réagir certaines personnes, et d’autres pas du tout. Notre réaction subjective au même évènement, peut être très différente.

Ce qui est intéressant, dans le yoga, on essaye de recharger les batteries, d’augmenter son niveau énergétique. Et puis si on veut pouvoir aller chercher plus en profondeur, on va avoir besoin de beaucoup d’énergie. Car ce n’est pas facile de faire face à ces choses.

Donc le travail d’abord physique, puis énergétique nous prépare à faire remonter puis faire face avec les aspects de notre mental.

 

4. L’alimentation

J’ai envie de te poser une dernière question, un peu différente. Pour les personnes qui cherchent à trouver un équilibre dans leur alimentation, as-tu un conseil à donner ?

 

RKD : Je pense que c’est la société, ou le mental de l’être humain dans notre âge : on est tous attirés vers des choses spéciales. Toujours en train de chercher la solution miracle, et puis effectivement on est en train de regarder vers la nouvelle découverte qui va régler tous nos problèmes.

Et l’alimentation fait clairement partie de ça, quand on voit tous les régimes, les superfoods... En réalité, l’alimentation c’est, tout comme ce processus du yoga, une transformation d’une partie de nous quelque part.

Il y a tellement de satisfaction sensorielle qui passe par la nourriture. Il y a tellement d’émotions qu’on va gérer à travers la nourriture.

manger

On parlait d’anxiété. Pour beaucoup, on va la gérer avec la nourriture.

Donc, la nourriture il faut y aller progressivement.

Déjà se renseigner. Je ne veux pas juger les programmes de régimes. Je pense que l’alimentation, il y a aussi du bon sens. Y aller progressivement. Peut-être prendre un ou deux cours de cuisine.

Vous le savez, dans le yoga on a plutôt tendance à manger végétarien, pour diverses raisons. Moi je suis végétarien.

Comme tout chose, l’alimentation doit se transformer de manière progressive.

Attention à ces régimes extrêmes ! Il y a cette mode de la nourriture crue. C’est vrai que ça un effet très puissant, mais ce n’est pas fait pour tout le monde. Il y a un processus de découverte de soi-même. De quel type d’alimentation marche pour moi.

Dans ce sens, l’ayurveda c’est intéressant. Car il dit que certains types de nourriture conviennent à votre constitution ou pas. Vous allez sentir que vous digérerez mieux.

Mais ça prend des années pour transformer ! Et puis on fait un progrès, on revient en arrière… On va dans un extrême, le mental se rebelle car on a été trop restrictif. Donc le travail sur l’alimentation, c’est un travail sur le mental.

Donc voilà, je dirais faites attention aux régimes et aux solutions miracles, aux extrêmes. Y aller progressivement, lire… Pourquoi pas essayer l’alimentation végétarienne une semaine ? Et puis observer comment je me sens.

Faire sa propre expérimentation dans son corps, avec son mental. Et puis tout comme dans le yoga, peut-être que vous allez voir différents professeurs, différentes manières de vous alimenter.

Nous on est passés par différents types d’alimentation. A un moment donné c’était la macrobiotique, puis le cru, puis l’ayurveda… puis on transforme, on essaye à chaque fois. Maintenant on est plus dans le local.

C’est quelque chose qui évolue avec le temps.

 

Donc se renseigner, tester sur soi-même. Apprendre à cuisiner c’est une bonne idée aussi ! Expérimentez alors, comme pour le yoga en fait ! Il faut tester et puis ajuster ensuite.

 

RKD : C’est ça ! Nous, profs de yoga, sommes là pour amener des choses. Mais c’est à l’élève ensuite de travailler avec ces choses pour voir comment elles sont intégrées. C’est notre responsabilité pour notre corps, notre vie. On peut écouter les conseils des experts, mais ne jamais oublier que la décision nous revient.

Et donc prendre l’information et ensuite expérimenter. Soi-même être convaincu de ce qu’on pratique. On va faire des erreurs, réajuster. C’est important que la décision, la responsabilité reste avec nous.

Pas qu’on mette la responsabilité dans les bras de quelqu’un d’autre ou d’une philosophie, alimentaire ou autre. Ce serait mon point de vue !

 

Je partage ! Merci pour cet éclairage et cet échange très riche autour du yoga. As-tu un mot à ajouter, ou on a fait le tour ?

 

RKD : Je crois qu’on a couvert pas mal de choses. Merci pour cet entretien ! C’est vraiment très sympa ce que tu fais !

Continue à le faire, et j’espère que notre discussion sera utile. S’il y a des questions, posez-les en commentaire !

 

Merci à toi Robert !

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