Mettre sa petite voix intérieure au service de sa vie

Jean-François, coach, maître Reiki et sophrologue, du blog Ma Petite voix intérieure,  nous donne ses meilleures pistes pour

  • écouter sa petite voix intérieure
  • bien vivre un changement de vie
  • renoncer pour mieux avancer
  • pourquoi parler de dévoilement personnel et non de développement personnel
  • un mot pour les femmes, hypersensibles et battantes

Découvre la transcription format article ici :

Qu’est-ce que c’est que cette petite voix intérieure ?

Bonjour Jean-François Clausse ! Je suis ravie de te recevoir aujourd'hui. Tu es l'auteur du blog Ma petite voix intérieure, maître Reiki et sophrologue.

C’est ça, dans la ville de Québec.

Et tu donnes des consultations de coaching et sophrologie en ligne.

Et je suis français, comme mon accent l’exprime !

Vu le nom de ton blog, Ma petite voix intérieure, ça va être le sujet de notre interview. Qu'est-ce que c'est que cette fameuse petite voix ?

A la base, c’est celle que j’ai entendu la toute première fois que j’ai fait un soin Reiki en tant que patient.

En fait, la première fois que je me suis allongé sur une table de Reika j’étais en situation de séparation, en dépression. Le soin énergétique a commencé.

On est allongés sur le dos, habillé et puis le maître Reiki tourne autour de nous avec un protocole de position de mains, juste au-dessus du corps, de la tête aux pieds. On a les yeux fermés.

Et quand le soin a commencé j’ai eu une crampe à la plante de pied. J’ai commencé à me dire , « ah ! Il va falloir qu’on s’arrête car ça va me faire mal ». Et là j’ai entendu « ne bouge pas, ça va passer ». Comme en réponse à cet élan que je venais d’avoir.

J’ai laissé la douleur grandir, et puis elle est reparti d’elle-même. J’ai entendu « ça va te le faire huit fois ». Et effectivement, pendant le soin d’une heure, cela me l’a fait sept fois de plus. La toute dernière fois ça m’a fait « c’est la dernière ». Et il n’y en a pas eu d’autre après.

Donc j’ai été extrêmement ébranlé par ça, comme tu peux l’imaginer. Mais aussi par tous les autres ressentis que j’ai pu avoir pendant cette séance, qui a bouleversé ma vie au point que j’en ai fait mon métier !

Voilà l’histoire du nom de mon blog.

 

Ca c'est vraiment manifesté comme une petite voix !

Oui, comme si l’on parlait à l’intérieur de moi.

C’est pas pour autant que tout de suite après, c’est resté. Je n’ai pas entamé à la faveur de ce soin Reiki un dialogue intérieur permanent de ce style-là. Ça m’a été offert. Mais à partir de ce travail, il y a eu un long cheminement qui m’a amené là où je suis.

Pour préciser d’où je viens : j’ai 53 ans, j’ai 2 enfants, 2 petits-enfants. Je vis dans la ville de Québec mais je suis français. J’ai passé toute ma vie dans la région Est, du côté de Metz. J’ai passé aussi toute ma carrière (plus de 25 ans) dans l’audiovisuel et les médias.

Là j’ai opéré un changement à 180° puisque je me retrouve au Québec et que j’exerce des professions qui n’étaient absolument pas les miennes il y a encore deux ans et demi, quand j’ai quitté mon dernier poste dans une chaîne de télévision.

Donc voilà, quand je parlais de ce long chemin que j’ai enclenché après cette première séance de Reiki, ça m’a conduit à ça. Une véritable transformation personnelle, un chemin intérieur qui a bouleversé ma vie.

Comment s'est fait cette transformation ? Tu parles de cette petite voix qui a été certainement un déclic, mais il y a eu d'autres étapes ?

Oui, la première étape c’était d’aller mieux dans un premier temps, car j’étais vraiment très mal. Je me suis occupé de moi, j’ai commencé à mieux manger, bouger, méditer… A continuer de suivre des séances de Reiki pour m’aider.

Et à chaque fois, le jour d’après j’avais l’impression de marcher sur l’eau tellement ça me faisait du bien. A la fois au moral, mais je sentais qu’à l’intérieur des choses se mettaient en place.

Revirement à 180°

Tant et si bien qu’un an après je suis retourné voir le maître Reiki qui m’avait accompagné, et je lui ai demandé si je pouvais être initié. Il m’a dit « bien sûr ! ce n’est pas réservé à des gens qui ont des capacités hors norme. ».

Donc j’ai été initié au premier degré. Au bout de trois-quatre mois, j’ai dit à mon maître « c’est incroyable ! Je me sens de mieux en mieux« . On travaille beaucoup sur soi. Il a répondu : « tu es prêt pour le deuxième degré, prêt à aider les autres, à partager ça ! ».

Ce n’était pas possible de garder ça pour moi, c’est d’utilité publique ! Puis j’ai été initié au troisième et quatrième degré qui me permet d’initier d’autres personnes au Reiki.

J’ai avancé sur ce chemin intérieur. Plus j’avançais, plus j’arrivais à trouver des solutions dans ma vie professionnelle.

Métier dans les médias, dans l’audiovisuel, extrêmement stressant avec des directs tous les jours, un open space…Toujours préparer l’émission du jour, celle du lendemain, de la semaine d’après… De septembre à juin, tu es pris dans une sorte de roue infernale qui ne s’arrête jamais !

Dans un premier temps, j’ai commencé à mieux vivre cette situation grâce au Reiki. Mais au bout d’un moment, je n’étais plus en adéquation avec les valeurs de ce métier.

Je n’étais plus à ma place.

Je me suis beaucoup interrogé et j’ai décidé de passer à autre chose, car je ne me voyais pas attendre 15-20 ans de plus jusqu’à la retraite. J’avais envie d’autre chose ! De me rendre beaucoup plus utile aux gens qui m’entourent.

D'accord ! C'est très intéressant, on peut voir que c'est vraiment un revirement - pas 360, car on peut trouver des ponts entre les métiers- mais un changement de vie...

Oui, mais ça s’est fait dans le temps. Au bout d’un moment, je me suis accompagné moi-même. J’ai respecté ce que je ressentais.

Même si je n’ai jamais été un grand méditant, j’ai été à l’écoute de ce qui se passait à l’intérieur de moi.

Mais surtout, j’étais très à l’écoute de ce qui se passait autour de moi.

Ça a forgé une conviction profonde : tout ce qu’on vit, tous les évènements qu’on vit, toutes les situations ne parlent que de nous.

« Tout ce qu’on vit, tous les évènements, les situations ne parlent que de nous. »

A chaque fois il y avait une leçon à retenir pour moi, sur des émotions, des choses à régler à l’intérieur de moi. J’ai suivi ce fil invisible  et l’écoute a été autant intérieure qu’extérieure.

Tout est lié.

Les gens avec lesquels ça coince dans ta vie ont quelque chose à t’apprendre sur toi-même. A la fois écoute intérieure, mais écoute extérieure aussi.

On a tendance à penser qu'il faut se recentrer sur soi... Moi ça m'appelle le terme "effet miroir", ce que tu évoques ?

C’est exactement ça !

Sauf qu’il ne faut pas juste se contenter de se dire « ah ben tiens, c’est comme moi ! ». Ça peut être fascinant quand on est en adéquation avec une personne. On a l’impression que c’est fluide, c’est extrêmement satisfaisant. Mais il existe aussi quand c’est négatif, c’est là que c’est super intéressant.

Je vais te donner un exemple : j’ai été en interaction dans cet open space dont je parlais dans mon ancienne vie, avec une personne extrêmement bruyante.

A chaque fois qu’elle rentrait elle ne pouvait pas s’empêcher de rire, crier, parler fort… Ce qui est insupportable quand on est vingt-quatre personnes. On essayait d’avoir une certaine discipline. Elle ne la respectait pas du tout. Je n’aimais pas cette fille, jusqu’au jour où justement, dans ce cheminement que j’évoquais, je me suis dit : « mais attends, c’est quoi le truc qui te gêne chez elle ? ».

Et en étant honnête avec moi-même, je me suis aperçu que je trouvais ça incroyable qu’elle se sente aussi libre pour faire ce qu’elle voulait.

Qu’elle était à la fois elle-même, dynamique, joyeuse et complément extravertie, ce que je n’étais absolument pas. Une part de moi l’enviait, et à partir du moment où je l’ai vu j’en ai ri. Et j’ai réglé cette affaire avec moi-même. Je me suis dit « oui, je suis introverti, j’aime bien les règles, la discipline… mais une part de toi adorerait être comme ça ». Puis c’était réglé. J’ai commencé à la voir différemment, à lui parler différemment, et nos échanges sont devenus fluides.

Tout ça pour expliquer que effectivement, la méditation, le yoga… ce genre de pratiques sont hyper importantes pour s’apaiser intérieurement. Mais à mon sens, elles ne sont pas suffisantes pour bien vivre son quotidien.

C’est dans son quotidien qu’on a des choses à faire pour aller bien et régler nos problématiques intérieures, qui sont aussi à l’extérieur.

zen

Comment bien vivre un changement de vie ?

Dans un changement de vie, comme celui que tu as entrepris, tu as des peurs, des difficultés, des obstacles... des moments qui prennent plus de temps que ce qu'on voudrait. Comment faire pour bien vivre ça ?

C’est une très bonne question, comment on fait ?

D’abord, on se prend les évènements tels qu’ils arrivent. On réagit tel qu’on est.

Et c’est important de le vivre tel qu’on est, avec les émotions qui sont les nôtres.

Il faut les accepter, accepter qu’on vive de la colère, de la honte, de la tristesse… Il faut accepter de les traverser, sans se laisser emporter en se disant que c’est normal qu’on ait ces émotions, car on est des êtres humains, tout simplement. Et qu’on a besoin de passer par là.

Ça c’est la première chose.

La deuxième chose, c’est de croire dur comme fer en l’impermanence des choses. Tout ce que vous vivez à un moment donné, a priori positif ou a priori négatif, ça ne va pas durer.

S’il y a une certitude qu’on peut avoir dans notre vie, c’est que le mouvement est permanent.

A la toute fin, ça va s’arrêter. Nos vies s’arrêtent, nous sommes des mortels, on le perd de vue de temps en temps. Tout est en évolution permanente à l’intérieur et à l’extérieur de nous : dans nos relations, dans nos vies... Tout ce qu’on vit, y compris quand c’est dur, n’est que temporaire.

Troisièmement, il faut apprendre à être patient et se dire que ce n’est pas forcément le moment pour nous, la bonne direction. Il y a peut-être des choses qui nous attendent qui sont beaucoup plus importantes, positives encore que ce qu’on croit. Mais un peu plus tard. Parfois ce qu’on espérerait faire en trois mois, ça en prend six. Parfois ça n’arrive jamais. Parfois ça prend deux ans, mais il faut respecter ce timing.

D’ailleurs j’ai une citation que j’aime bien me dire et répéter à ceux que j’accompagne :

« Parfois la vie semble te dire non, alors qu’elle te dit juste : patiente. »

Il faut partir du principe qu’il y a quelque chose de beaucoup plus grand que nous qui nous traverse, et que ce n’est pas parce que ça bloque que c’est définitif.

patiente

Dans le petit livre que je propose à télécharger sur mon site, je donne cinq préceptes. Les trois premiers c’est :

  • Accepte de ne rien contrôler
  • Abandonne-toi à ce qui est
  • Accompagne sans rien attendre

C’est vraiment dans cet état d’esprit qu’il faut se mettre. J’accepte parfois de ne rien contrôler, que des choses me dépassent pour l’instant, mais j’aurais les réponses plus tard.

 

D'accord ! Comment sait-on qu'on est sur la bonne voie, justement ?

Ça c’est quelque chose qui m’est arrivé plusieurs fois, dans mon cheminement. C’est difficile de faire la part des choses, quand quelque chose nous tient extrêmement à coeur, on donne toute son énergie et que ça coince.

Je me rappelle la toute première fois où ça m’est arrivé, et j’étais encore en initiation Reiki. J’ai posé cette question au maître : « quand est-ce que je sais ce qui est bon pour moi ? ».

Elle m’a dit quelque chose que j’ai gardé comme un mantra.

« Ta joie est la juste mesure ».

Je trouve ça extrêmement puissant et fort.

A partir du moment où la joie disparaît de ce que vous êtes en train de faire, c’est la preuve qu’il faut faire une pause. Il faut savoir dire stop, se recentrer, oublier ce qu’on est en train de faire pour y repenser après.

La méditation, le yoga que tu enseignes aussi apportent ce genre de silence dont on a besoin à ce moment-là.

Ce qui se trame, dans ces instants où on doute, c’est que le mental se met en opposition avec notre petite voix intérieure et parle beaucoup plus fort qu’elle.

Quand ça nous arrive, il ne faut pas hésiter à relâcher. C’est quelque chose que je préconise beaucoup : ne pas hésiter à baisser les bras. Le renoncement est quelque chose qui m’a beaucoup fait avancer dans ma vie.

Contrairement à ce qu’on peut penser, dans une société qui nous encourage à nous battre, à être toujours meilleur, plus performant…

Même dans la spiritualité ou le développement personnel, on a tendance à se comparer car on veut être « plus heureux que nous-même ».

Mais aussi quand on voit des gens qui ont l’air tellement alignés avec ce qu’ils font, qui méditent, qui sont super performants en yoga, qu’on voit sur Instagram super fits, toujours souriants…  On se compare en permanence.

Le problème avec ce genre d’attitude, c’est que notre mental entre en scène en disant « je ne suis pas aussi bien qu’elle, je n’arriverais jamais à… ». On se contracte, on se restreint et on n’entend plus cette petite voix intérieure qui nous souffle que si, ça va aller mais que ce n’est peut-être pas pour tout de suite, qu’on a besoin de repos car on se met trop la pression.

Ce genre de choses que tous les entrepreneurs en ligne qui écoutent peuvent connaître !

joie

 

Lâcher prise…

On a tendance à se mettre beaucoup de pression !

Mais bien sûr ! On a ressenti quelque chose qui nous fait vibrer, on veut mettre le maximum de chances de notre côté.

On se tend vers un but, parfois on se crispe au point qu’on peut se créer des blocages, des maladies, se mettre soi-même en burn-out… De temps en temps, il faut relâcher et se dire : est-ce que je suis en joie quand je fais ça ?

 

Oui, c'est une bonne question à se poser. D'ailleurs, qu'on soit entrepreneur ou salarié. Beaucoup de salariés font des burn-outs, et peuvent aussi retrouver de la joie dans ce qu'ils font.

Bien sûr ! Tu as tout à fait raison.

J’étais en train de parler de moi : pendant toute ma vie, j’ai reproché à tous les directeurs que j’ai eu de me mettre la pression, et j’avais l’impression de subir cette pression.

Et quand j’ai fait une rupture conventionnelle pour passer à autre chose, une dizaine de mois après je suis tombé malade. Je me suis aperçu à la faveur de cette maladie que j’étais en train de me cramer tout seul.

Que j’en faisais beaucoup trop, du matin jusqu’au soir, et la nuit.. Je ne m’arrêtais pas, je ne ménageais pas à cause de cette pression que je me mettais. Là c’est pareil, je me suis interrogé à la faveur de ce qui se passait à l’extérieur. J’avais de la fièvre : j’étais en surchauffe.

La réponse c’était : prends soin de toi, prends le temps pour toi.

A la faveur de ce repos que j’ai pris, je me suis aperçu que au moins la moitié de la pression que je reprochais à mes directeurs de me mettre, c’était moi qui me la mettait… à moi-même !

Il fallait que je rende toujours un travail propre… je courais après une sorte de perfection ou d’idéal. Pour régler ça, je me suis forcé à procrastiner, à en faire moins. Ce n’est pas évident, quand on a une valeur travail aussi importante.

 

Tu m'avais même conseillé une fois d'arrêter les To do list !

Oui, vraiment ! Là ça fait quelques semaines que j’ai arrêté. Il faut que je recommence pour me structurer un minimum dans mon emploi du temps. Mais c’était tellement déprimant : j’arrivais le soir, avec un point d’honneur à finir mes to do lists… Je me mettais une pression incroyable !

Dans un premier temps, je me forçais à laisser des lignes non rayées et j’ai même arrêté, pour justement ne répondre que à mes envies intérieures du moment. Pour me reconnecter à moi, et non plus à mon mental qui disait : il faut que tu bosses, que tu gagnes de l’argent…

New York

Quelque chose qui m'interpelle : beaucoup de choses passent par le corps ! C'est le mental, en opposition à cette petite voix. Mais cette petite voix, c'est peut-être pour ceux qui ont un sens auditif plus développé. Peut-être que ça peut passer par d'autres canaux corporels !

Mais bien sûr ! Tout à l’heure je disais faire très attention à ce qui se passait à l’extérieur, mais j’aurais dû commencer par le corps ! L’écoute du corps est extrêmement importante.

Dès que j’ai un petit bobo, je ressors mon livre de Jacques Martel, le dictionnaire des malaises et des maladies, qui nous dit ce qui se joue sur le plan énergétique et émotionnel.

A chaque fois ça tombe extrêmement juste. J’ai eu mal au genou pendant le premier confinement, je savais d’où ça venait. C’était que j’avais du mal à accepter le départ de mon papa, décédé en début d’année dernière. Je me mettais la pression par rapport au travail, au développement de mon site et je n’acceptais pas de plier, de renoncer.

Le genou c’est ça ! Rester debout mais aussi savoir plier.

L’écoute du corps est extrêmement importante. On s’en aperçoit quand on pratique le yoga régulièrement : d’un jour à l’autre, le corps ne répond pas de la même manière. On a des bobos, c’est super intéressant de les accueillir. Comme un dialogue avec son corps ! Je sens que j’ai mal de ce côté-là, je ne vais pas forcer… Ecouter les messages de notre corps.

 

Et il y a une sagesse populaire autour de ça. Récemment j'ai eu le dos bloqué, parce que surcharge émotionnelle, pression au travail... 
Ma tante m'a dit : c'est parce que tu en as plein le dos. C'était exactement ça ! J'en avais plein le dos, et mon dos a dit stop !

Oui, et tu portes des choses peut-être trop lourdes pour toi pour le moment.

Des choses qui ne t’appartiennent pas, qui appartiennent à ta lignée masculine ou féminine, du côté de ton papa, de ta maman ou tes grands-parents… des choses qu’on se trimballe dans nos existences mais qui ne nous appartiennent pas forcément.

C’est bien aussi d’aller visiter toutes les techniques de développement personnel qui nous permettent de nous libérer, mais il n’en demeure pas moins que sa vie, il faut se la coltiner. Quelles que soient les pratiques qu’on fait.

C’est hyper important de repérer ce qui se trame dans notre vie de tous les jours.

 

Le dévoilement personnel

En parlant de développement personnel.... Vaste sujet, parfois controversé. Tu parlais tout-à-l'heure d'une forme de pression, d'injonction à être heureux. Quel est ton avis ?

Alors il est partagé, en ce sens qu’il y a énormément de pratiques intéressantes : la communication non violente, le transgénérationnel, le Reiki ou la sophrologie….

Mais j’ai un vrai problème par rapport à l’expression « développement personnel ». Car elle nous fait croire qu’il y a quelque chose en moins, atrophié, en demande. Quelque chose qui ne sait pas.

Et je ne suis pas du tout d’accord avec ça. Je suis absolument persuadé que tout est déjà à l’intérieur de nous. C’est pour ça que je préfère parler de dévoilement personnel.

Je vais te raconter une anecdote. On demandait à Michel-Ange comment il avait eu l’inspiration pour créer une sculpture.

Sa réponse était : « je ne conçois rien qui ne soit déjà présent au coeur du marbre. J’ai vu un ange, je l’ai ciselé jusqu’à l’en libérer ».

sculpture ange

Je crois qu’on est exactement comme ça : pris dans notre matière de vie, nos blocages, fausses croyances…

Et on a besoin de se débarrasser de ça. Il y a des pratiques qui nous permettent ça, mais je suis persuadé que tout est déjà en place à l’intérieur de nous et que ça ne demande qu’à être dévoilé. C’est ce que j’appelle le dévoilement personnel.

Alors le dévoilement personnel, c’est quoi ? C’est raconter son histoire, par exemple.

Partager, exprimer ses émotions. Ça peut être aussi : arrêter de se mentir, faire tomber les masques qu’on porte en permanence. Ces masques de bienséance pour faire croire à notre entourage qu’on va bien, qu’on est forts…

Oser avancer avec sa vulnérabilité, par exemple, participe au dévoilement personnel.

Autant de petites actions qu’on peut mettre en place dans son quotidien pour déboucher sur soi. C’est quelque chose qui me tient à coeur et que je travaille avec ceux que j’accompagne. Je leur explique qu’il faut fonctionner différemment que ce qu’ils ont toujours fait dans leur vie. Ce sont des leviers extrêmement puissants.

Plus tu parles de toi, plus tu dévoiles tes émotions, plus tu permets aux autres de se rendre vulnérables en disant « je comprends, moi aussi quand j’ai vécu ça dans ma vie… ». La relation se crée dès qu’on commence à s’ouvrir.

En revanche dès qu’on fait croire que ça va alors que tout va mal à l’intérieur, non seulement on se fait du mal mais en plus on n’enrichit pas la relation. J’encourage les gens à se dévoiler.

Alors par exemple il y a une pratique extrêmement intéressante, dans le cadre d’un dévoilement personnel, c’est l’entreprenariat !

Quand on lance son entreprise, on ne peut pas envisager de lancer ses affaires sans se retrouver face à soi-même, ses blocages ! C’est un levier de dévoilement personnel extrêmement important quand on se lance. Tu as dû vivre ça depuis un an que tu as ce blog, que tu diversifies tes pratiques. Tu t’es retrouvée face à tout ce que je viens de dire !

café

 

Tout à fait ! Etant coach moi-même, tu m'as coachée ! Je trouve ça important de se faire accompagner quand on est coach. 
Tu m'as fait réalisé que je devais montrer plus de moi, que ce soit des photos de moi sur le blog... ne pas avoir peur de parler de mon histoire, pour que les autres puissent s'identifier. Ne pas montrer que ses forces, mais aussi...

Ses fragilités, effectivement ! Tu n’es pas la même que quand tu as commencé ce blog. Parce que tu te dévoiles au fur et à mesure.

 

C'est ça ! C'est une aventure de dévoilement personnel hors du commun.

Oui, vraiment, c’est un levier extrêmement puissant !

Donc pour revenir au développement personnel en soi, toutes les pratiques sont intéressantes, mais pour moi elles ne sont pas suffisantes. Elles ne peuvent pas remplacer un regard vers soi.

On ne peut pas envisager de trouver une solution tout le temps à l’extérieur. C’est ça que je reproche au développement personnel. Ça nous laisse à croire que la solution est à l’extérieur, que un thérapeute ou une pratique va nous apporter la solution qu’on attend pour nous donner ce qui nous manque.

Alors qu’en fait tout est là ! Si on retourne juste le regard vers soi, et qu’on accepte notre vulnérabilité, qu’on est suffisamment honnête avec soi-même pour voir qu’on a été moyen, on s’est raconté des histoires… On est dans l’expression de soi.

C’est cette pratique au quotidien qui va nous permettre d’avancer, beaucoup plus que n’importe laquelle des pratiques.

 

Un mot pour les femmes

Nos publics communs sont, je pense, essentiellement des femmes. Des femmes hypersensibles, des battantes qui mènent souvent de front une carrière avec des objectifs, peut-être à côté une vie de famille... et qui s'infligent beaucoup de pression. Est-ce que tu as un mot à destination de ces femmes ?

Oui, j’ai beaucoup plus qu’un mot car comme tu dis, sur 10 que je reçois, 9 et demi sont des femmes !

Elles sont incroyables ! J’ai l’occasion de les accompagner et découvrir des parcours de vie. Je suis sidéré par leur force, leur joie de vivre, leur capacité à tenir debout… J’ai toujours l’impression d’être un enfant à côté.

Mais j’ai envie de dire aussi que… tu l’as dit, elles se battent !

Ce qui est vraiment difficile – je parlais de renoncement tout-à-l’heure et d’arrêter de se battre- à chaque fois que je le leur demande, c’est complètement incompréhensible pour elles

. Je vois à quel point c’est ancré en elles, et à travers elles, qui vient de leur maman, grand-mère, arrière grand-mère et toutes ces lignées de femmes qui ont tellement subi pendant toute leur vie la violence des hommes.

Il y a quelque chose de l’ordre du combat, chez les femmes. Je trouve que beaucoup de choses pourraient aller mieux pour elles, si elles commençaient à renoncer.

Baisser les bras ne veut pas dire arrêter de s’occuper de son foyer ou de sa carrière.

Ça veut dire juste mettre moins de pression, moins d’importance dans ce qu’on appelle la charge mentale.

Et se forcer à la partager en permanence. C’est-à-dire : dire sans cesse à leur conjoint : quand tu me dis ça, je ressens ça. Si tu ne m’aides pas sur ça, je ne peux pas, etc.

On est dans une période où la parole de la femme se libère de plus en plus, avec l’affaire Weinstein, les Mee too…

Je trouve ça passionnant et nécessaire dans le dévoilement personnel des femmes.

J’ai envie de leur dire « parlez de vos émotions, hurlez votre colère, dites les choses que vous ressentez. Même si vous pensez que ça ne se fait pas ».

Même au travail, dites quand vous voulez démissionner, dites quand vous n’en pouvez plus.

N’ayez pas peur de votre vulnérabilité, car à force de vous battre depuis des millénaires vous êtes devenues plus fortes que les hommes. Mais la réalité derrière, c’est que vous avez besoin d’harmonie.

C’est normal que ça ressorte par la colère, le ras-le-bol.

Mais essayez d’envisager ça autrement, en étant suffisamment doux avec vous-même pour accepter de baisser les bras et être vulnérable. C’est comme ça qu’on va pouvoir réconcilier un peu le féminin et le masculin, quand le féminin va mettre un peu plus de masculin et le masculin un peu plus de féminin.

Parce que je trouve que, en ce moment, les hommes et les femmes ont des problèmes de communication.

femme fille

 

Remettre un peu de douceur, vis-à-vis de soi-même d'abord. Se laisser porter parfois par les évènements.

Exactement, ne pas toujours se battre.

Accepter de ne rien contrôler. Les femmes ont une telle charge sur leurs épaules qu’elles ont pris les commandes pour contrôler, mais leur salut passe par lâcher un peu le contrôle.

Mais c’est pas facile hein, on est d’accord ! C’est super beau tout ce que je dis, mais quand on est dans son quotidien, avec son job, son mari, ses trois enfants, qu’on a envie de faire autre chose…

Là c’est pareil, on a aussi tendance à se mettre une pression qui parfois n’est pas tenable. Ça demande d’être accompagné en douceur.

 

Faire appel à un coach

Voilà, et puis ne pas hésiter à faire appel à un coach ! C'est aussi pour ça qu'on est là !

C’est ça !

Avec nos vécus différents, mettre à disposition des gens qui viennent nous voir notre expérience et puis aussi notre regard extérieur pour dire, OK, on va voir quel est le puzzle de nos vies.

Ça paraît impossible à coordonner. Dans votre présent, dans votre vie il y a des messages qui sont envoyés par le corps, par les relations conflictuelles. On va essayer de mettre de l’ordre dans tout ça, faire en sorte que les petites pièces s’imbriquent.

 

On avait commencé à parler d'équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, qu'en penses-tu ?

L’équilibre est important. Mais en tout cas, si on imagine que ce qui nous arrive sur le plan professionnel est une chose, et ce qui nous arrive sur le plan personnel en est une autre, je pense qu’on se trompe.

Tout est complètement imbriqué, et quand on est en face d’une problématique au travail, on est absolument devant une problématique personnelle.

Très souvent, elle réclame le genre de chose que je développais tout à l’heure c’est-à-dire de traverser ses peurs, vivre et partager ses émotions.

Je sais qu’à titre personnel, je me suis fait beaucoup trop de films par rapport à ma hiérarchie. Si c’était à refaire, je serais beaucoup plus clair avec eux, en leur disant  » ça ne va pas, quand je fais ça je me sens en porte à faux » etc.

On se sent prisonnier de nos contrats quand on est salarié.

On a l’impression que ça nous bloque, mais en même temps ça nous sécurise car on a le salaire à la fin du mois. Et en même temps on vend notre temps, on subit une pression, on a très peu d’espace entre les deux pour respirer.

Le moyen de récupérer de l’espace pour mieux respirer est d‘être en permanence dans l’expression totale de soi.

A partir du moment où vous avez exprimé vos émotions, ça ne vous appartient plus.

L’autre en face, soit il vous accueille avec bienveillance et trouver des solutions.

Sinon, il faut mettre de la distance avec ces personnes là car ça veut dire qu’elles sont toxiques pour vous et essayer soit une mutation, soit un changement de poste, soit créer son job, aller voir ailleurs...

Mais en tout cas ne pas se laisser emprisonner par cette fameuse signature qu’on a posé un jour en bas d’un CDI !

 

J'aime bien l'expression "pantoufles en béton" qui reflète cette sécurité mêlée à la pesanteur.

On a tendance à se croire plus coincé que ce qu’on est.

Ça passe par une dynamique, du mouvement et le dévoilement personnel, montrer qui on est.

Pour ça, parfois il y a besoin d’accompagnement car on manque de confiance en soi, on se sent perdu… N’hésitez pas en fonction des problématiques qui sont les vôtres, de venir me voir ou voir Claire pour ce qui est nutritionnel. Les problématiques sont nombreuses et on peut aider beaucoup de gens à se dévoiler personnellement et gagner de la confiance en soi.

 

Une phrase que j'aime bien : "Seul on va plus vite, à deux on va plus loin!"

C’est exactement l’illustration de ce que je viens de dire.

A partir du moment où on baisse les bras, on dit « j’ai besoin d’aide », on se met en relation et on dit à la personne « je me sens vulnérable, je n’y arrive pas ! », on est en train de créer une relation avec un thérapeute ou un coach.

On est accueilli avec bienveillance par la personne en face et c’est là qu’on trouve les solutions. Je vous engage à faire ça le plus possible ! Ne restez pas coincé dans vos problématiques, il y a toujours une solution.

Les problèmes que vous vivez actuellement sont les solutions de demain !

 

Merci beaucoup Jean-François pour cet échange très riche !

Merci, c’était super !

 

Merci d'avoir suivi cette interview, pose ta question en commentaire !

 

 

 

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