Méditer pour une vie plus sereine, avec Cédric Michel

 

Dans cette interview, Cédric Michel nous apprend comment la méditation peut être adaptée à nos vies modernes et devenir agréable. Il nous parle de son expérience et nous donne des conseils pour que la méditation transforme nos vies ! Tu découvriras aussi la raison insolite qui l’a poussé à méditer.

Cédric Michel nous donne sa définition de la méditation (3:20)

Les différences entre pratiques traditionnelles et modernes (4:50)

Savoir pourquoi on médite (8:18)

La raison insolite pour laquelle il a commencé à méditer (9:08)

Vipassana (11:00)

Les obstacles à la méditation (16:28)

La pleine conscience en faisant les courses (17:47)

Les bénéfices de la méditation (19:35)

Gérer un évènement désagréable (22:00)

Comment commencer à méditer ? (25:00)

Prendre une intention et lâcher prise (32:28)

 

La chaîne YouTube Bulles de Sérénité, pour méditer

Qu’est-ce que méditer aujourd’hui ? La conférence Tedx Talks de Cédric Michel

Voici la transcription texte si tu préfères lire :

Bonjour Cédric Michel

Bonjour Claire

Cédric, tu es conteur de méditation. Tu as ta chaine YouTube plus de 400 k abonnés où tu partages des méditations, Yoga Nidra... pour mieux dormir ou lutter contre l'anxiété.

Tu as aussi fait un Ted X sur "Qu'est-ce que méditer aujourd'hui "?

Qu'est-ce que la méditation pour toi ?

C’est marrant parce que j’y pensais ce matin. je crée un programme « Apprendre à méditer » dont la 1ère vidéo est Qu’est-ce que la méditation ?

Qu’est-ce que la méditation ?

Je me suis rappelé la réflexion d’un sage indien qui disait à ses élèves que si ils rencontraient quelqu’un qui définit la méditation en disant « c’est ça, ça et ça », il faut fuir !

On ne peut pas réellement définir la méditation. Ce serait dogmatique. En fonction des traditions, qui sont toutes aussi bien les unes que les autres, les approches et définitions sont différentes.

Pour certaines traditions, la méditation c’est d’abord la concentration. Pour d’autres ce sera la contemplation, la plénitude, l’atteinte ou la recherche de quelque chose.

Il vaut mieux éviter de définir ce mot pour ne pas se perdre.

C’est un peu comme l’athlétisme. Si je suis un expert de l’ahtlé et que je te dis que c’est uniquement le lancer de javelot, que rien d’autre n’est de l’athlétisme.. Demain tu rencontres un coureur de 100 mètres qui te dit que c’est de l’athlétisme, tu vas te demander ce que c’est vraiment.

Pour la méditation c’est pareil, il faut être ouvert et surtout pas dogmatique. Avoir des certitudes c’est dangereux.

Maintenant la méditation, on pourrait aussi avoir une piste de ce que c’est.

Ma définition personnelle : ce serait simplement un entraînement pour se connecter au moment présent, parce que c’est quelque chose de très difficile. Notre cerveau n’est pas câblé pour : on est toujours soit dans le futur, soit dans le passé.

Et quand on est vraiment dans le présent, le seul moment qu’on vit vraiment…. on n’y reste pas longtemps ! Quelques secondes ! Et boum,  notre esprit va repartir à gauche, à droite… C’est un voyage incessant.

« Un entraînement pour se connecter au moment présent »

meditation

Notre entraînement pendant la méditation, c’est de revenir au moment présent.

Un deuxième axe d’entraînement c’est de remarquer de plus en plus rapidement quand notre esprit essaye de s’échapper. Puisque pour méditer, on va utiliser la respiration, le corps. En fonction des traditions ça peut être des images de contemplation, des chansons, des mantras…. Repérer dès que ton esprit essaye de s’échapper de ce point d’attention.

Idéalement, c’est de le faire avec neutralité.

Pratique moderne et traditionnelle

C’est ça qui va aussi différencier la pratique traditionnelle de la pratique moderne.

Dans la pratique traditionnelle, avec cette envie de transcender sa vie d’humain et d’atteindre certains états, on va essayer de le faire de manière neutre.

Par exemple je me concentre sur ma respiration : j’inspire, j’expire… Ah, tiens ! Je suis en train de penser à quelque chose. Si on est entraîné, c’est assez rapide de s’en rendre compte. Et là on essaye de le ramener de manière neutre, et de revenir à la pratique. Avec une discipline très similaire aux arts martiaux, dans cette volonté de ramener les choses à leur place.

Dans la pratique moderne, nous tous les laïcs, on n’a pas choisi de s’extraire du monde pour dédier notre vie à transcender notre condition d’humain et atteindre certains états.

Donc, on médite pour se détendre et pour avoir une vie plus sereine !

« On médite pour se détendre et avoir une vie plus sereine »

Et justement, quand on pratique la méditation, quand notre esprit s’échappe à droite et à gauche, notre travail pour avoir une meilleure sérénité, une plus belle vie, mieux accepter les choses…. c’est justement de remarquer que notre esprit s’échappe. Idéalement, le prendre avec le sourire : « ah ! Cet esprit diablotin s’en va à droite à gauche » et ramener notre attention à la pratique, mais avec bienveillance.

Pourquoi le faire avec bienveillance ?

Parce que si on arrive à le faire pour une toute petite chose comme ça, en méditation, on perd son attention au moins une centaine de fois ! Cette bienveillance, cette acceptation douce et « joyeuse » nous permet de prendre cette capacité qu’on développe dans la méditation et de l’infuser dans notre vie de tous les jours.

C’est ce qui différencie méditation traditionnelle et pratique moderne. On essaye d’ajouter des choses parce que, comme je l’avais dit dans le Ted, on ne médite pas aujourd’hui pour les mêmes raisons qu’il y a 2500 ans.

Beaucoup de gens, tristement, s’imposent une spiritualité punitive, des ascèses, des disciplines de pratique assez rudes comme j’ai pu le faire dans le passé.

carpes

En fait on n’a pas remis les choses dans leur contexte !

Ces gens qui le faisaient de manière traditionnelle, c’était des yogis, des moines qui décidaient de s’extraire du monde, de se mettre dans les conditions favorables pour travailler sur leur spiritualité, transcender leur vie. Ils avaient un objectif qui était l’illumination, le nirvana, le samadhi, la libération…

Nous, c’est pas notre but ! Donc pourquoi adopter la même attitude que ces gens-là ?

Il faut – c’est important- réfléchir pourquoi on médite. Et poser une intention, comme on le fait en Yoga Nidra. Se dire : je médite pour telle et telle raison.

Après l’objectif, quand on médite, c’est de ne plus y penser à ces raisons-là, lâcher prise. Mais il faut donner une direction.

Et si méditer, pour vous aujourd’hui, c’est vous relaxer, avoir plus de concentration… Il peut y avoir mille et une raisons !

Posez cette intention. Vous la mettez dans un coin, vous lâchez prise. Parce que si vous y pensez pendant votre méditation, ce sera tout sauf de la méditation ! Et puis après pratiquez. Mais cette intention va vous guider, vous aider.

Qu'est-ce qui toi, t'a mené à la méditation dans ton parcours ?

Au tout début tout début ? Ce n’est pas une motivation très noble !

J’avais 24 ou 25 ans. Le premier bouquin sur le Zen que j’ai acheté, j’avais 14 ans. Je faisais des arts martiaux. Je t’avoue j’ai lu deux chapitres et ça m’a vite saoulé, c’est écrit tout petit ! Après j’étais tombé sur des livres du Dalaï-lama, ce genre de choses. 24-25 ans, je me suis dit, j’ai vraiment besoin d’être zen

Je travaille dans un milieu assez stressant. J’avais besoin de m’apaiser. J’avais dû voir un reportage sur la méditation et je me suis dit : « ah, ce serait cool de méditer !« .

C’est vraiment le mot que je me suis dit. « Ce serait cool de méditer, en plus ça me différencierait de mes collègues ! ». Je trouvais que c’était bien, tu vois, d’être le mec zen plutôt que le mec bien dans son travail avec son petit attaché-case. Tu vois, ça n’a rien de noble mais c’était la première intention.

A l’époque, je me suis renseigné, c’était au tout début d’internet. On utilisait Yahoo…

Lycos !

Oui voilà ! Il n’y avait pas Youtube. Ça existait, mais pas comme aujourd’hui. Je me suis renseigné et un des premiers sites que j’ai vus, c’était le site de Vipassana.

VipassRetraite de 10 jours, 10 heures par jour….. Ça m’avait intéressé, et quand j’ai lu le truc, gratuit, je me suis dit : c’est une secte !

J’ai passé. J’ai commencé à me renseigner et puis j’ai trouvé un moine zen qui donnait des cours pas loin d’où j’habitais et je suis allé faire un cours avec lui. J’ai trouvé ça vraiment sympa.

J’ai médité aussi à la maison une ou deux heures. Je me suis dit : mais jamais je ne vais arriver às avoir ce que c’est la méditation en faisant ça ! Ou ça va me prendre des années !

zen

Et je me suis rappelé de ce site. Je me suis dit : j’ai confiance en moi, je sais qui je suis, je ne vais pas me faire rouler par une secte !

Je regarde de nouveau Vipassana. Aujourd’hui, c’est reconnu comme association d’utilité publique, mais à l’époque ce n’était pas le cas ! Je me suis dit allez, c’est une bonne expérience. J’ai médité trois quatre heures dans ma vie, c’est un peu fou mais je vais faire une retraite de dix jours. Bien sûr ma mère, ma famille : « mais tu vas dans une secte ! ».

J’y suis allé. En dix jours, j’ai pris une claque ! Déjà tout le monde croyait que je n’allais pas tenir les dix jours. Ça a été ma motivation aussi. Finalement j’ai tenu. C’est vrai que c’était un peu les montagnes russes, Vipassana !

Mais ça m’a changé en fait ! Je suis revenu beaucoup plus zen. Mes perspectives de vie avaient un peu changé. J’ai été vraiment conquis par cet effet.

L’inconvénient de Vipassana, c’est que si tu veux garder l’effet, il faut méditer une heure le matin et une heure le soir.

C’est beaucoup ! Donc je l’ai fait pendant deux-trois mois. Et puis après j’étais opéré de l’estomac. Pour t’endormir ils te mettent des drogues. Quand je me suis réveillé, j’étais dans un monde complètement différent.

J’ai fait six Vipassanas au total. J’avais rencontré dans l’un d’eux une personne qui l’avait fait une dizaine de fois et m’avait expliqué que lui, à sa 8ème fois, il avait vécu des effets phénoménaux. Il était parti en Inde. Son truc c’était de chasser le cannabis en Inde. En plus c’est super risqué, mais bon c’était son truc ! Après avoir trouvé son graal, qu’il avait fumé dans le train, il avait senti ces effets partir, comme ça ! Comme il était dans une forme de pleine conscience il a senti partir ces effets.

Et je me suis dit : mais c’est ce que j’ai vécu, après mon premier Vipassana !

Donc c’est assez intéressant, mais en tout cas ça a changé ma vie dès la première retraite. J’ai voulu retrouver ces effets en y retournant.

Et la sixième fois, en Espagne, je me suis promis de plus jamais y revenir. Parce que c’était intéressant mais je me suis dit : « pourquoi je m’impose ça ? ».

C’était au quatrième jour. Tu fais trois jours de préparation, et le quatrième, début d’après-midi tu as l’introduction de la technique du Vipassana.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Vipassana c'est vision profonde c'est ça ?

Oui, voir les choses telles qu’elles sont

. Encore une fois, ne nous attardons pas trop sur les mots parce que Pleine conscience, ça veut dire exactement la même chose ! Si tu entends Tich Nhât Hanh qui te parle de la pleine conscience, et Goenka pour Vipassana, peu ou prou c’est la même chose.

Mais Vipassana c’est une forme de méditation traditionnelle, selon le courant de bouddhisme Theravada, et c’est vraiment la personne qui a développé ça à l’échelle mondiale. Il s’appelle Goenka, il est mort en 2013.

C’est un ancien businessman indien

. Quand il s’est mis dans Vipasana à la suite de la personne qui était responsable de ça, avec sa fibre et la manière dont il attirait les choses dans sa vie, il l’a développé à l’échelle mondiale

. A l’époque il y avait 135 ou 150 centres avec la même cassette, la même instruction d’heure en heure. C’est toujours Goenka qui parle, en anglais. Et puis après il y a la traduction dans la langue du pays.

A peu près dix heures par jour, séparées bien sûr. Deux heures le matin, une heure, une pause de cinq minutes, une heure et demie… enfin voilà.

Et du coup, quatrième jour de Vipassan à ta sixième retraite, tu t'es dit ?

Les obstacles à la méditation et la fin de Vipassana

Déjà, chaque personne va appréhender la méditation d’une manière différente.

Chacun a des obstacles. Pour certaines personnes c’est l‘endormissement, pour d’autres ça peut être l‘esprit qui part à droite à gauche, moi c’était l’impatience.

Bon, je faisais avec, j’observais cette impatience. Là, j’avais bien vécu jusqu’au troisième jour.

Je vais faire une petite balade, une marche de pleine conscience. Je me suis dit : « l »heure que je viens de passer était vachement dure, et pendant encore plus d’une semaine je vais faire ça toutes les heures, dix heures par jour ! Pourquoi je m’impose ça ? ». J’ai posé l’intention de trouver quelque chose d’aussi efficace, mais plus respectueux de mes valeurs, de mes besoins. Que je me fasse un peu plus de bien.

« J’ai posé l’intention de trouver quelque chose d’aussi efficace, mais plus respectueux de mes valeurs, de mes besoins. Que je me fasse un peu plus de bien. »

C’est l’intention que j’ai prise à ce moment-là, sans trop croire que ça pouvait exister. Je me suis fait la promesse de ne plus m’imposer ça !

 

Donc tu es allé à fond dans la méditation, pour retrouver un équilibre qui te convient mieux au quotidien, finalement.

Après c’était un hasard. J’ai posé cette intention mais pour moi, la méditation c »était uniquement efficace si c’était intense. Je ne concevais pas que ça pouvait être pratiqué de manière beaucoup moins importante et toute aussi efficace.

Le village des pruniers et la prise de conscience

Et quand je suis allé au Village des pruniers de Tich Nhât Hanh, connu pour la pleine conscience.. mais ce qui le différencie c’est cette bienveillance, qu’il infuse dans la pratique.

« C’est un bain de bienveillance. »

Tu ne croises que des gens qui te veulent du bien, qui te sourient. Au début j’étais surpris car il y avait très peu de pratique. Quarante-cinq minutes de méditation le matin et le soir. Je me suis dit : c’est quoi cette blague !

Et puis finalement je me suis laissé porté par toute cette bienveillance. Et j’ai constaté que j’ai eu autant d’effets après, qu’avec Vipassana. Sauf que j’ai pu parler (car Vipassana c’est retraite silencieuse !) tous les jours, j’ai rencontré des gens exceptionnels, j’ai rigolé, passé du bon temps…

J’ai pu emmener cette pleine conscience avec moi dans la vie de tous les jours. Pour la petite anecdote, après les pruniers c’était rigolo car je disais à ma copine : « Non, je vais faire les courses tout seul » mais c’était pour faire mes marches de pleine conscience ! J’arrivais vraiment à être bien centré dans ma vie de tous les jours.

Voilà pour comment j’ai commencé la méditation.

Qu'est-ce qu'on peut en attendre, comme bénéfices ?

Déjà, avec toutes les études scientifiques ça donne une idée de ce que vous pouvez en attendre. Ça peut être intéressant de vous renseigner, maintenant ça n’a jamais aidé personne de lire des études scientifiques pour se dire c’est super !

C’est comme pour les régimes. Tu vas lire tel ou tel régime qui te parle de résultats fascinants, mais si tu n’appliques pas rien ne se passe.

Pour nous aujourd’hui, c’est pour ça que je reviens sur « Qu’est-ce que méditer aujourd’hui » et que ma pratique je l’ai appelé « Méditation 3.0 » car dans une approche moderne : d’être plus centré sur soi, plus calme, plus zen au quotidien.

« Méditation dans une approche moderne : être plus centré sur soi, plus calme, plus zen au quotidien. »

Comment gérer un évènement désagréable ?

Je peux te donner un exemple : ce matin, je vais dans ma boîte mail, et je vois un mail de menaces d’une journaliste de M6. Je ne la connais pas. Au début c’était bien engagé car elle nous disait : c’est dommage, il n’y a plus la méditation quantique que vous avez publiée sur Youtube. Est-ce que vous allez la remettre ? Sinon, je peux l’acheter ?

Plutôt cool tu vois ? On lui dit que nous, YouTube c’est un terrain d’expérimentation, que toutes les vidéos n’ont pas vocation à rester tout le temps. Elle nous repose la question. La personne qui s’occupe des mails lui renvoie le même message.

Et là… le message que j’ai lu ce matin, c’était à demi-mots : il y a une différence entre le bien-être que vous prônez et votre volonté pécuniaire (alors qu’on avait refusé de lui vendre la méditation !). Je suis journaliste, en train de faire un reportage sur les gens qui font du contenu sur YouTube. Quand on gratte on s’aperçoit qu’ils sont là juste pour la tune. Maintenant j’ai envie de vous parler, et si jamais je ne vous parle pas je ferai un reportage à charge. Tant pis pour vous.

Justement, quand on fait de la méditation : en fait j’ai rigolé ! J’ai respiré.

C’est un automatisme que j’ai. Quand il y a des choses un peu relou qui arrivent, je reviens à ma respiration trois fois, j’accepte les choses et je dessine un sourire sur mon visage pour le prendre avec philosophie.

La vie aujourd’hui, ce n’est pas les Bisounours. Ce n’est pas parce qu’o médite qu’on va se plonger dans un monde où tout le monde il est gentil. Certains vont vous vouloir du tort. La meilleure manière d’y répondre, c’est que ça ne vous affecte pas.

J’ai fait un message audio à cette personne, pour lui dire qu’on aurait pu échanger mais que sous la menace, je n’en ai pas envie. En plus mon truc il y est clean de chez clean, vous n’avez rien à me reprocher.

Je l’ai pris avec philosophie. Et dans mon corps, pour ne pas le refouler, je l’ai pris avec acceptation. En me disant « bah voilà, ça fait partie des choses de la vie, il y a des gens qui te veulent du tort. Toi la meilleure manière que tu as d’y réagir, c’est que ça ne t’affecte pas ».

C’est un conte philosophique : vous êtes venus avec un cadeau, votre menace. Moi je ne l’accepte pas. Je vous laisse repartir avec votre menace. Elle ne m’impacte pas.

Et le fait de méditer, c’est ce que ça m’a permis dans ma vie de tous les jours.

Ce n’est pas simplement être plus zen, c’est quand il t’arrive des galères, tu le prends bien. Ce n’est pas juste un geste intellectuel, où tu vas te dire « les choses sont belles ».

Non !

Tu prends conscience des choses et puis après tu lâches prise. Ça n’a pas d’impact sur toi. Ce n’est pas les nier, les rejeter. C’est lâcher prise. C’est la pratique régulière de la méditation qui permet ça.

D'ailleurs, comme tu le dis souvent, une goutte de pratique vaut plus qu'un océan de théorie. Quels conseils pour commencer à méditer et l'intégrer dans sa vie ?

Comment se mettre à la méditation ?

Déjà, trouver une pratique qui soit agréable pour vous.

Pour une raison toute simple : si jamais vous vous lancez dans des méditations trop longues, qui vous déplaisent car trop rugueuses, vous allez peut-être le faire une ou deux semaines mais ça ne va pas être une pratique que vous allez garder sur le long terme.

Trouvez quelque chose de moins difficile, plus agréable, même des méditations de dix, quinze, vingt minutes – c’est le sweat spot, le temps idéal pour avoir des effets.

C’est pareil pour la position ! Beaucoup de traditions t’obligent à t’assoir de telle ou telle façon. Mais même si tu médites allongé, tu peux avoir les mêmes effets. C’est juste un peu plus dur car tu vas t’endormir.

Méditez, et trouvez la posture qui vous apporte le plus de confort, qui soit la plus agréable pour cette unique raison que ça va vous permettre de méditer sur le long terme.

Méditer pendant deux, trois semaines un mois, ça va vous faire du bien sur le coup mais ça ne va pas transformer votre vie, votre appréhension des choses.

L’objectif c’est de méditer sur le long terme. Dix, quinze minutes par jour minimum.

Les méditations guidées sont-elles une bonne façon de commencer ? Moi je trouve ça plus facile que de ramener son attention à la respiration quand on n'a pas l'habitude.

Il n’y a pas de méditation mieux que l’autre. Encore une fois il faut trouver ce qui vous convient le mieux.

Il y a des personnes pour qui la méditation guidée va être plus difficile à suivre. Ils préfèrent suivre leur respiration. Pour d’autres ça va être le contraire. On n’est pas dogmatiques ! Trouvez ce qui vous fait kiffer.

On peut aussi prendre du plaisir dans la méditation, et c’est important. C’est un point essentiel pour moi, ça a été une révélation !

Quand j’ai fait Vipassana, ce qui ressort des discours – et Goenka le dit de manière très claire – la méditation c’est pas fait pour être un moment agréable. Vipassana, c’est comme une opération à coeur ouvert sauf que c’est toi qui t’ouvre, il n’y a pas d’anesthésie. A la fin on te mettra un baume ça te fera du bien.

Si tu écoutes Tich Nâth Hanh, il te dit que chaque instant est une opportunité pour le vivre comme un moment de bonheur parce que tu le décides.

Chaque minute de ta méditation, même quand ton esprit part à gauche ou à droite, tu peux, en le ramenant, apprécier l’instant, en faire une expérience agréable.

Et le fait que tu transformes ta méditation en une expérience agréable, et pas en spiritualité punitive où tu vas devenir un yogi qui essayes de l’éviter et ne mange que des graines – même si je n’ai rien contre les yogis, je pratique depuis longtemps… C’est une notion qui me semble essentielle.

Trouver du plaisir, pour pouvoir continuer à pratiquer, et en ayant les mêmes bénéfices finalement !

C’est ça !

Peu importe ce que vous faites comme méditation, vous allez avoir des bénéfices qui vont s’infuser dans votre vie de tous les jours.

Que ce soit des mantras, la respiration… peu importe la technique, si vous pratiquez pendant longtemps vous allez avoir des super effets.

Mais ce n’est pas donné à tout le monde de s’ancrer dans la pratique. Surtout dans des pratiques assez austères, donc faites-vous ce cadeau de choisir quelque chose qui vous plaît.

« Faites-vous ce cadeau de choisir quelque chose qui vous plaît. »

 

Que ce soit guidé ou non, des chants, peu importe. Trouvez quelque chose qui vous fasse du bien.

Moi j’aime bien utiliser le mot « kiffer« , parce que c’est un peu disruptif par rapport au monde de la méditation, mais je trouve que c’est important. C’est ce qui m’anime.

Toutes mes méditations je les ai guidées avec cette idée de rendre la chose agréable.

Dans tes méditations on sent beaucoup de liens entre la méditation, l'hypnose et le yoga. Comment est-ce que tout ça s'articule ?

Ça s’articule tout simplement parce que je ne me base pas sur une tradition bien précise.

Ce que je propose, c’est ni plus ni moins que ce qui m’inspire. Je vais te confier un truc : quand j’écris les méditations, souvent je commence par une base existante. Soit un titre, soit une méditation qui existe déjà. Et puis je commence à écrire quelques phrases et après, les choses ne m’appartiennent plus. Je me laisse inspirer par ce qui vient. Dans 90% des cas, si je fais une méditation du soir ça va se transformer en autre chose. Souvent j’ai voulu faire une séance d’hypnose, c’est parti en méditation du soir !

C’est à l’inspiration en fait. Pourquoi ça s’articule avec ces différents pôles ? C’est parce que j’ai étudié le yoga, pratiqué beaucoup la méditation, formé à l’hypnose (formation de l’Arche presque trois fois), formé à la PNL aussi. Tout ça, maintenant, je l’utilise à un niveau inconscient. Quand je commence à articuler, je suis juste spectateur de ce qui se présente.

L’objectif c’est que ce soit plus rapide et plus efficace.

Tu te laisses porter par ton intuition !

Oui, l’intuition elle est que ce soit agréable et efficace pour les gens.

En off on avait commencé à parler un peu de yoga. Le premier swami qui m’avait inspiré c’était un gars qui disait clairement : « moi je vous propose d’essayer des choses qui soient efficaces. Aujourd’hui je les ai testées. Pour moi c’est ce qu’il y a de plus efficace pour des résultats rapides

. Si demain je découvre une autre technique encore plus rapide je vous la présenterai ».

J’avais été très inspiré par cette absence de dogme, cette ouverture et cette recherche d’efficacité dans la pratique.

Parce que même si dans la méditation on doit s’enlever la volonté d’atteindre tel ou tel objectif pendant la pratique, c’est important de prendre une direction avec l’intention. C’est une clé essentielle.

TEA

Si tu prends ton intention : être plus zen ou plus serein, que tu médites et que ça te revient en tête : là tu t’es tiré une balle dans le pied dans ta méditation.

Tu dois pratiquer pour pratiquer avec ce qui t’est proposé, guidé ou non, et ne faire que ça

. Tu as juste donné la direction.

Ce qui est vraiment important dans les intentions, tu poses ton intention, ton désir, et tu lâches prises. Pour rentrer dans des choses un peu plus spirituelles, tu offres cette intention à l’univers. Tu ne vas pas t’attacher à elle.

Je veux être plus zen, je l’offre à l’univers. Je la pose et je lâche prise, je fais confiance à la vie, que ma pratique et les choses vont aller dans le sens de cette intention. Mais pour que ça se réalise, la clé c’est que je ne dois pas m’y accrocher. Dans la pratique je suis dans un lâcher prise.

Sinon ça ne marche pas en fait !

C'est ce qu'on constate dans la vie régulièrement ! Plus on s'attache à obtenir quelque chose et plus on force, moins on l'obtient ! Et le jour où on se détache, comme par magie ça arrive !

C’est ça ! Je ne sais plus si c’est en Thaïlande ou en Inde que j’ai entendu cette métaphore d’un satsang. La personne parlait de lâcher prise. Il nous disait que si tu veux attraper du sable avec le poing fermé, ça ne marchera jamais, il faut que tu ouvres la main !

« Si tu veux attraper du sable avec le poing fermé, ça ne marchera jamais, il faut que tu ouvres la main ! »

C’est bien imagé, pour le lâcher-prise.

Tout à fait ! Est-ce que tu vois autre chose à ajouter sur ce thème de la méditation, Cédric ?

Si tu ne m’arrêtes pas, je peux en parler jusqu’à ce soir !

Pour résumer, on conseille de commencer sur des formats plutôt courts, quinze-vingt minutes. Méditer régulièrement, quelque chose qui vous plaît.

Voilà. D’abord quelque chose qui vous plaît, ensuite testez plusieurs formats.

Dix minutes ce n’est peut-être pas assez pour avoir une progression, en tout cas tous les jours. Je sais que c’est ce que les applications vendent. Ça marche peut-être, en tout cas je ne l’ai pas constaté. Les gens qui font mes programmes, c’est toujours quinze-vingt minutes

. J’ai un programme qui s’appelle Vivre sans stress : j’ai vraiment fait tapis, j’ai mis tout ce que j’ai appris en PNL, hypnose, yoga… en treize ans d’expérience à l’époque. Et quand les gens partagent leurs retours et les transformations qu’ils ont fait en seulement quinze-vingt minutes, même moi je suis surpris ! Pourtant j’ai mis tout mon coeur, toute mon intention. Et je me dis waouh ! La méditation, quand elle est pratiquée de manière régulière c’est très puissant. La mienne ou les autres !

Il n’y a pas de meilleure méditation qu’une autre. Ça c’est hyper important. Peu importe la conviction qu’a la personne !

Si vous entendez un orateur qui vous parle de telle forme de méditation avec une belle conviction, vous allez vous dire qu’il n’y a que ça. Non, toutes les méditations sont bonnes. Il faut juste les pratiquer de manière régulière.

Trouvez celle qui vous plaît et continuez.

Je vais prendre un dernier exemple, là pour le yoga. Pendant des années j’ai pratiqué l’Ashtanga Yoga. C’est un Yoga dynamique, assez traditionnel. Très souvent quand vous rencontrez des pratiquants d’Ashtanga, surtout débutants, ils vont vous dire que c’est le meilleur yoga du monde ! Qu’ils ont essayé le Yin, le Hatha… et que pour eux c’est ce qu’il y a de mieux. Je vais souvent à Mysore, la capitale de l’Ashtanga, ceci explique peut-être cela mais c’est ce que les gens disent.

Par contre, si on connaît un peu, les gens qui font de l’Ashtanga c’est un engagement minimum de cinq à six jours par semaine

. Donc forcément, la quantité de pratique fait que ça va être très efficace très rapidement !

Quelqu’un qui fait de l’Hatha ou du Yin en France, va le faire une ou deux fois par semaine, maximum trois. Alors que les pratiquants d’Ashtanga le font cinq ou six fois par semaine ! C’est pas le yoga qui est meilleur- même si je l’adore- mais c’est l’investissement et la régularité dans la pratique.

Il y a souvent, comme dans le yoga et la méditation, un nombre de pratiques par semaine qu’on identifie comme un point de bascule.

Il y a des gens pour qui trois, quatre fois par semaine ça suffit. S’ils méditent cinq à sept fois, ça ne change pas trop. Cela sont extrêmement rares, c’est qu’ils ont médité pendant beaucoup de vies !

Et il y a des gens, quand ils manquent un jour, ils le ressentent. Ils perdent ce point d’évolution, de progression. C’est pareil, il faut expérimenter. Ne lisez pas les études scientifiques qui ne vont servir à rien pour vous.

Soyez votre propre étude scientifique !

Testez pour vous-même et voyez ce qui fonctionne bien. Une semaine vous pratiquez cinq fois, celle d’après sept fois, l’autre deux ou trois fois… Ça vous donnera de l’information.

Voilà ce que je peux partager avec vous.

Merci beaucoup Cédric pour tous ces conseils ! Namasté !

Namasté !

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Un commentaire sur “Méditer pour une vie plus sereine, avec Cédric Michel

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