Aider un proche qui souffre de TCA


Vous êtes parent ou conjoint et vous soupçonnez votre proche d’avoir une relation bizarre avec la nourriture ?

Mettons que ce soit votre fille.

Les signaux d’alerte

Elle prétend régulièrement ne pas avoir faim au moment du dîner ou avoir déjà mangé avant de rentrer. Ou alors elle mange très peu certaines fois, et dévore tout d’autres fois.

Surtout, vous remarquez que les paquets de biscuits disparaissent de temps à autres… Pour réapparaître entamés, comme si de rien n’était, un peu plus tard !

Elle s’isole dans sa chambre, prend ou perd beaucoup de poids… Peut-être que vous remarquez aussi des signes qu’elle se fait vomir, utilise des laxatifs… Ou bien elle est accro à sa séance quotidienne de sport.

Enfin, elle est susceptible au sujet de son poids, de son corps. Elle est complexée et manque de confiance en elle.

Elle teste souvent des régimes et atteindre un poids, ou une taille de vêtement semble être son objectif ultime.

Ces comportements peuvent refléter l’un de ces troubles du comportement alimentaire (ce sont les revers d’une même médaille, ces troubles peuvent s’alterner selon les périodes) :

Les principaux troubles du comportement alimentaire

  • Anorexie : privation volontaire de nourriture entraînant à terme une maigreur pouvant causer la mort, sentiment de pouvoir et de toute puissance. La personne se voit beaucoup plus grosse qu’elle n’est et redoute plus que tout de prendre du poids. L’anorexie peut être entrecoupée d’épisodes boulimiques.

 

  • Boulimie : la personne mange en cachette (sentiment de honte), de grandes quantités de nourriture sur un laps de temps court (moins de 2 heures), avec un sentiment de perte de contrôle et de culpabilité lors des crises. Ces crises peuvent avoir lieu plusieurs fois par semaine ou même par jour. Elles se déroulent avec un sentiment d’urgence et ne sont pas dictées par la faim mais plutôt par un besoin nerveux de remplir un vide. Elles sont suivies de restrictions (sauter des repas, manger léger) et d’un fort sentiment de culpabilité et de dévalorisation.

Les épisodes de boulimie surviennent au moins 2 fois par semaine pendant une période de 6 mois.

  • Hyperphagie : ingestion excessive de nourriture, à l’occasion de crises compulsives. Il n’y a pas de phénomène compensatoire contrairement à la boulimie, aussi l’hyperphagie conduit au surpoids ou à l’obésité.

A ce jour, l’anorexie et la boulimie touchent pour 90 % les femmes, et l’hyperphagie 50 % d’hommes et de femmes.

 

D’où viennent les TCA ?

Il peut y avoir eu un traumatisme, une histoire familiale difficile, un terrain de personnalité hypersensible / dépendante, un état dépressif…

MAIS tout cela n’est pas obligatoire, la première cause est la restriction.

Souvent induite par la volonté de maigrir à l’origine, la personne va se priver et regrossir (comme 90% de ceux qui font un régime).

Et c’est parti pour le cycle infernal compulsions/ restrictions : plus on cherche à maigrir, plus on est obsédé par la nourriture. On s’intéresse à la nutrition, ce qu’il faut manger pour perdre du poids etc…

Plus on cherche à contrôler, plus on perd le contrôle…

Car la nourriture relève d’un domaine instinctif, et manger doit rester un acte naturel.

Dès lors qu’on se coupe de ses sensations et qu’on introduit le mental, la culpabilisation, on catégorise certains aliments comme « interdits » ou « mauvais » et on va finir par les manger de manière excessive comme pour se venger, en alternant entre frustration et culpabilité.

L’alimentation et l’envie de maigrir deviennent les piliers de la vie de la personne souffrant de TCA.

L’alimentation parce qu’on est obsédé par le sujet : quoi manger ou pas manger, à quel moment.. Se restreindre puis craquer.

L’envie de maigrir parce que c’est l’objectif ultime, qui conditionne même le bonheur et l’estime de soi dans l’esprit de la personne.

Pourtant, même si l’individu se dissocie de ses troubles, comme s’il y avait un petit monstre en lui, il y trouve bien des avantages inconscients :

  • le surpoids agit comme un airbag relationnel : tenir à distance les autres, notamment les hommes parce qu’on n’assume pas son envie de plaire et les rapports de séduction. On ne sait pas non plus dire non alors on préfère éviter les sollicitations.

 

  • les crises permettent une anesthésie du mental. Que la journée ait été bonne ou mauvaise, la crise de boulimie est le rendez-vous quotidien du soir, au point qu’on ne sait même plus pourquoi on la fait ! C’est un mode « pilote automatique » qui permet de ne rien ressentir pendant qu’on la fait. Après, on souffre physiquement et psychologiquement, mais au moins cette souffrance est connue ! On a peur du vide béant que l’absence de crises laisserait.. Que se cache-t-il derrière ? Une dépression ? Des mauvaises pensées ?

 

Comment aider ?

Aussi pour aider le proche qui souffre de TCA, surtout ne lui dites pas de faire un régime ou de maigrir !

Ce n’est pas évident d’aborder le sujet du poids ou de l’alimentation avec votre proche. Souvent on accuse la mère d’avoir elle-même un rapport compliqué à la nourriture et à son image et de l’avoir transmis inconsciemment à sa fille.

Attention, il y a des facteurs mais vous n’êtes en aucun cas responsable du trouble de votre proche !

C’est pourquoi il vaut mieux crever l’abcès afin de définir une façon de communiquer.

Quelques pistes

  • amorcer la discussion. Demander un moment pour parler au calme et faire part de ses doutes quant au comportement potentiellement maladif.

 

  • Ecouter et rester dans la bienveillance, sans jugement. Laisser la personne s’exprimer, déverser son trop-plein, se confier, pleurer…

 

  • Dans les cas graves (anorexie avec dénutrition / grande maigreur, boulimie vomitive ou laxatifs depuis plusieurs années…) il est fortement recommandé une prise en charge par un professionnel de la santé, psychiatre, psychologue voire même une hospitalisation d’urgence ! 

 

  • Ne pas se sentir coupable soi-même : l’environnement familial n’est pas la cause directe. En tant que parents, vous faites de votre mieux !

 

  • Dédramatiser. Mon ex avait surnommé mes crises de boulimie les « bim-bim », ça permet de prendre de la distance et même d’en rire !

 

  • Encourager la personne à ne pas rester seule et trouver le suivi qui lui convient le mieux : psy, coach… Il va falloir mener de front un travail sur l’alimentation (lâcher-prise pour sortir des crises) et sur la confiance en soi. Surtout ne pas attendre d’atteindre un certain poids pour mener la vie qu’on souhaite et devenir la personne qu’on rêve ! Remettre à sa juste place l’alimentation et le poids , et sa vie au centre ! Les thérapies cognitivo-comportementales sont un moyen efficace, au même titre que le coaching, de remettre de la conscience pour sortir des TCA.

 

  • Co-construisez avec votre proche pour gérer au mieux les repas en commun, de façon à ce que ces moments redeviennent une place d’échange et de partage plutôt que de conflit.

 

  • Pensez aussi à vous, à vous protéger. D’après cet article, cela génère une grande détresse pour les proches souffrant de TCA. La personne malade a aussi parfois besoin de s’éloigner de son environnement familial pour aller mieux.

Pour la personne souffrant de TCA, se souvenir que vos proches se retrouvent souvent désemparés face à cette maladie sournoise, peuvent être maladroits et qu’il y aura parfois des frictions… mais derrière tout ça il y a l’amour et la volonté que vous soyez heureux !

Dites-moi en commentaire si ces conseils vous sont utiles ? Pensez à le partager autour de vous pour qu’il puisse aider le plus grand nombre de personnes concernées (victimes de TCA et leurs familles).

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